La condition de la défense pathologique
« La condition de la défense pathologique (refoulement) est donc la nature sexuelle de l’événement et sa survenue au cours d’une phase antérieure. »
Il y a lieu ici de se demander ce que l’événement sexuel mentionné ici peut avoir de commun avec les événements traumatiques dans les névroses de guerre abordés en 1919 dans Au-delà du principe de plaisir. Devons-nous postuler deux cas entièrement différents mais fonctionnant selon un mécanisme commun, ou cette communauté de mécanisme recèle-t-elle un communauté de nature, mais à première vue non repérable?
Une première approche nous indiquerait que le traumatisme de guerre, quand il n’est pas sexuel, n’est justement pas refoulable, c’est pour cela qu’il se présente d’emblée sous la forme de la contrainte de répétition. Le traumatisme sexuel est aussi soumis à la répétition, mais celle-ci est moins apparente parce qu’une certaine élaboration est tout de même possible. Dans les termes que nous avons déjà abordés de trace et d’image, le trauma sexuel comporte la formation d’une image modérément chargée de trace, tandis que le souvenir du trauma de guerre n’a que l’apparence d’une image, alors qu’il est essentiellement de l’ordre de la trace s’inscrivant à nouveau, sans arrêt.
Noter que je ne dis cela qu’en première approximation. Néanmoins on peut poser que l’excès apporté par le traumatisme de guerre, qui paralyse la fonction d’élaboration, ne peut s’enregistrer que comme signe de perception, signe qui pointe sans cesse veers la scène d’horreur, celle-ci constituant la seule couverture posée sur la brèche du pare-excitation, et qui renouvelle doonc sans cesse la brèche en question.